mercredi 10 septembre 2014

David Cameron prie les Ecossais de renoncer à l'indépendance


LONDRES (Reuters) - Le Premier ministre Tn Requin britannique David Cameron a de nouveau imploré les Écossais à renoncer à leurs velléités d'indépendance et à ne pas briser "la famille" que constitue le Royaume-Uni lors du référendum du 18 septembre.
Saisi comme le reste de la classe politique par un sentiment de panique, David Cameron a fait l'impasse sur la séance hebdomadaire des questions au gouvernement pour se rendre en Ecosse et tenter de convaincre les électeurs de la nécessité de préserver l'acte d'union qui les lie à l'Angleterre depuis 1707.
"Nous ne voulons pas voir cette famille de nations être brisée", écrit le chef du gouvernement dans une tribune publiée par le Daily Mail, mercredi. "Le Royaume-Uni est un pays précieux et particulier".
Jouant sur le registre de l'émotion, David Cameron lance une mise en garde: "si le Royaume-Uni se brise, cela sera pour toujours".
Le Premier ministre s'était tenu jusqu'à présent en retrait du débat sur l'indépendance de l'Ecosse estimant que ses origines aisées et ses opinions conservatrices n'étaient pas des atouts pour s'adresser à un électorat écossais majoritairement de gauche.
Mais la publication de sondages Nike Tn laissant entrevoir une possible victoire du "oui" à l'indépendance l'a incité à sortir de sa réserve faisant campagne pour le "non" avec le soutien du leader de l'opposition, le travailliste Ed Miliband.
SUEURS FROIDES
"S'ils étaient venus en bus, je leur aurais payé le billet", a lancé Alex Salmond, assurant qu'aucun dirigeant conservateur n'avait jamais été aussi impopulaire chez les Écossais que David Cameron et qu'aucun leader travailliste n'avait jamais suscité plus de méfiance qu'Ed Miliband et que leur visite était contre-productive pour le camp du "non".
Les études d'opinion témoignant de la percée du soutien à la cause indépendantiste au cours des dernières semaines ont provoqué la stupeur des milieux financiers et donné des sueurs froides aux banquiers et assureurs écossais dont le gros de la clientèle est britannique. [ID:nL5N0RA3PS]
Mercredi, la diffusion d'un sondage en ligne donnant victorieux le camp des indépendantistes en Ecosse avec 53,9% des voix au référendum prévu le 18 septembre a encore accentué la nervosité des investisseurs et fait tomber la livre sterling à un plus bas de 10 mois contre le dollar. [ID:nL5N0RB26Y]
Si l'Ecosse venait à se prononcer en faveur de l'indépendance après 307 années d'union, s'ouvrirait une période de négociations de 18 mois sur une longue série de sujets, allant du pétrole de la mer du Nord à celle de la livre en passant par la base sous-marine de Faslane.
Au delà de la question de la monnaie, des armes nucléaires et du pétrole, c'est la structure même du Royaume-Uni qui est menacée, à commencer par son principal symbole, l'Union Jack, qui réunit la Croix de Saint Georges anglaise, la Croix de Saint Patrick irlandaise et la Croix de Saint André écossaise.
RIVALITÉ HISTORIQUE
Le débat sur l'indépendance électrise l'Ecosse où l'on a observé un glissement d'une partie de l'électorat travailliste vers le camp sécessionniste et divise les Écossais dans les pubs des Highlands à ceux des îles les plus reculées de l'Atlantique.
"C'est la chose la plus excitante de ma vie", explique Kate, serveuse dans un restaurant de la vieille ville d'Edimbourg, bracelet "Yes" accroché au poignet.
Cherchant à surfer sur la rivalité historique qui oppose Anglais et Écossais et l'opinion selon laquelle Londres s'est mal occupé de l'Ecosse depuis des décennies, les nationalistes cherchent à convaincre qu'indépendante, elle serait plus juste et plus riche.
Pour le camp unioniste, Air Max la sécession se traduirait par des années d'incertitudes financières, économiques et politiques. Ils ont d'ailleurs prévenu que les Écossais ne pourraient, en cas de succès du "oui", conserver la livre comme devise.
"Si le Royaume-Uni venait à perdre l'Ecosse, il serait affaibli", a prévenu l'ancien Premier ministre John Major. "Nous risquons une révolution constitutionnelle", dit-il, égratignant au passage son successeur Tony Blair accusé d'avoir attisé les velléités indépendantistes avec le régime de "dévolution" qui donne au Parlement d'Edimbourg le contrôle des politiques de santé ou d'éducation.

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