jeudi 4 septembre 2014

le juge Trévidic peut se rendre à Alger

Le juge français chargé de l'enquête sur l'assassinat des sept moines de Tibéhirine en 1996, Marc Trévidic, pourra-t-il enfin se rendre en Algérie ? Après plusieurs reports, la justice algérienne a finalement donné son feu vert, mercredi 3 septembre. Une visite est prévue les 12 et 13 octobre. Le magistrat spécialisé dans l'antiterrorisme et sa consœur Nathalie Poux avaient obtenu en novembre 2013 l'accord de principe des autorités algériennes pour assister à l'exhumation des têtes des religieux et à leur autopsie. Mais, depuis le début de l'année, Marc Trévidic avait dû différer à plusieurs reprises son déplacement, faute d'invitation officielle d'Alger. « Il va falloir savoir si on se moque de nous », avait-il lancé, excédé, en juillet. « La procédure d'expertise et d'autopsie sera assurée par des experts algériens », a par ailleurs précisé mercredi le ministre de la justice à Alger. Et d'ajouter que le magistrat algérien chargé de ce dossier doit, de son côté, se rendre en France le 21 octobre pour mener des auditions. Lors de cette visite, il souhaiterait interroger deux anciens membres des services secrets français, révélait en juillet le quotidien francophone algérien El Watan. UNE BAVURE DE L'ARMÉE ? Les sept moines de Tibéhirine avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère, près de Medea (90 km au sud d'Alger). Le Groupe islamique armé (GIA) de Djamel Zitouni avait revendiqué leur rapt et leur exécution. Seules leurs têtes avaient été retrouvées au bord d'une route de montagne. Trois religieux, qui avaient échappé à l'enlèvement, ainsi que des villageois, ont confirmé aux gendarmes l'implication du GIA. Le ravissement avait eu lieu dans une des zones les plus troublées par la guerre civile, qui a fait environ 200 000 morts en une décennie.

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